Interview

Ivanisevic : « J'ai su dès le deuxième jour » avec Tsitsipas

Dans un entretien, Goran Ivanisevic a révélé qu'il avait compris dès le deuxième jour d'entraînement à Zagreb que sa collaboration avec Stefanos Tsitsipas ne fonctionnerait pas — un constat mental, pas technique.

Lena Kovac
29 mars 2026
3 min
Ivanisevic : « J'ai su dès le deuxième jour » avec Tsitsipas

La brève collaboration entre Goran Ivanisevic et Stefanos Tsitsipas n'aura duré que trois mois. Dans un entretien récent, l'ex-entraîneur de Novak Djokovic a révélé avec une franchise désarmante le moment précis où il a compris que l'association ne fonctionnerait pas.

Zagreb, le tournant : deux jours d'entraînement suffisent

Goran Ivanisevic n'a pas eu besoin de semaines d'observation. Lorsque Tsitsipas s'est rendu à Zagreb pour tester de nouvelles raquettes, le Croate a rapidement identifié ce qu'il percevait comme un problème — et ce problème n'était pas d'ordre technique.

Il s'en expliqua sans ambages :

« J'ai su après le deuxième jour d'entraînement. Quand il est venu à Zagreb essayer des raquettes, j'ai compris que ça ne marcherait pas. Ce n'était pas seulement physique, c'était aussi mental. »

Après Wimbledon, Ivanisevic lui conseilla de prendre quatre mois de repos. Un avis que le Grec ne suivit pas, ou du moins pas selon les termes proposés. Quelques semaines plus tard, Tsitsipas réembauchait son père Apostolos comme entraîneur.

Pas de rancœur, mais un constat lucide

Ivanisevic prend soin de replacer les choses dans leur contexte. Il ne parle pas d'échec personnel, ni d'incompatibilité de caractères, mais d'un joueur qui traversait une période délicate sur le plan mental — un état qu'il dit avoir lui-même connu.

Le Croate le formulait ainsi :

« Il reste un joueur phénoménal, il l'était et l'est encore. Mais dans le tennis d'aujourd'hui, on ne peut pas rivaliser sans être mentalement prêt. J'ai vécu des problèmes similaires quand je suis descendu à la 128e place. »

Une posture d'ancien joueur qui parle d'expérience : Novak Djokovic, qu'il a accompagné notamment jusqu'au titre à Wimbledon, lui a sans doute appris que la dimension mentale ne se négocie pas.

Depuis les tribunes, on sentait que l'histoire entre les deux hommes n'avait jamais vraiment enflammé le circuit. Leur séparation fut discrète, presque logique. Ivanisevic précise d'ailleurs qu'une rencontre à Doha s'est déroulée sans tension : « Nous nous sommes salués normalement. La question a été exagérée. »

Tsitsipas, à la recherche d'un rebond

Le contexte dans lequel s'inscrivent ces révélations est celui d'un Tsitsipas qui a vu son classement ATP passer de la 11e à la 36e place l'an passé. Les résultats récents n'arrangent pas le tableau : élimination par Denis Shapovalov au premier tour d'Indian Wells, puis défaite face à Arthur Fils au troisième tour de Miami.

Deux tournois majeurs de la swing américaine, deux sorties prématurées. Le Grec, qui avait longtemps figuré parmi les tout meilleurs du circuit, cherche à retrouver un niveau qui lui permettrait de rivaliser aux étapes décisives de la saison.

Sur le plan physique, rien dans ses récentes prestations ne permet de saisir avec précision ce qui coince. Mais la posture sur le court, ce moment où un joueur se raidit sous la pression au lieu de se libérer, est souvent plus révélatrice qu'un bilan de sets.

La question du cadre, au cœur du problème

L'épisode Ivanisevic soulève une question plus large : celle du cadre dont Tsitsipas a besoin pour performer. Après une tentative d'ouverture vers un regard extérieur et expérimenté, le retour à son père comme entraîneur indique un choix de continuité, de confiance dans un environnement connu.

Ivanisevic, lui, ne s'en offusque pas. Il reconnaît le potentiel du joueur, tout en maintenant son diagnostic. Dans le tennis professionnel, ce type de lucidité rétrospective est rare — et souvent plus utile que les déclarations de façade.

La prochaine échéance importante pour Tsitsipas sera Roland-Garros, surface sur laquelle il a régulièrement performé par le passé. D'ici là, le calendrier sur terre battue — avec les Masters de Monte-Carlo et de Madrid — lui offrira des occasions de remonter au classement et de regagner une forme de constance. Pour Ivanisevic, le chapitre est clos. Pour Tsitsipas, il reste ouvert.

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